Je me rappelle qu'avec S.,nous étions invités chez J. et G., couple splendide et assorti que nous connaissions encore très imparfaitement, et conscients de notre valeur sur le marché de la
viande,nous nous tournions tous les quatre mutuellement autour, vague séduction amicale, début de complicité,distance corporelle respectueuse, discussion intellectuelle, quelques allusions
grivoises....Nous partagions un merveilleux dîner exotique tous les quatre.
Je me rappelle que j'avais bu plus que de coutume,fumé plus que de raison, et avalé plein de choses bizarres sur ton incitation...
G. ne me quittait pas des yeux et me resservait systématiquement. G. est étrangement belle,ses contrastes la rendent magnifique, c'est une brune immense et dorée, (aussi grande que toi mon mieux
aimé)à poitrine opulente et à hanches garçonnes. Dans un visage dur et triangulaire,encadrés de longs cheveux lisses et noirs, ses yeux verts et jaunes sont déroutants. Elle ne cille pas. Sa
bouche sourit,entourée de jolies fossettes qui dénotent agréablement dans sa face sévère, mais pas son regard. G. me fixe. Je suis mal à l'aise. Je n'en laisse rien paraître. Jamais. S. m'a
appris à me contrôler, à être toujours polie, gracieuse et froide. Elle ôte le feu glacé de son regard du mien de temps en temps, pour échanger un coup d'oeil complice avec son compagnon, J. au
physique parfaitement complémentaire de celui de sa compagne. Blond, fin, séduisant et grand aussi. Affable également, hôte intelligent et très éduqué, il échange clairement des sourires entendus
avec sa compagne, mais aussi avec S. Ils ne parlent plus, ne mangent plus, et sourient bizarrement.
Un serpent mordoré, un corbeau et un tigre des neiges me fixent. Je ne suis ni louve ni lionne ni renarde aujourd'hui. Je suis blanche biche,entravée par de biens jolis pièges et collets:des
jolies bottes de cuir à lacets avec un talon bien trop haut,un corset trop emboitant,les jambes coupées par un peu trop de substances qui font plaisir mais qui sont mauvaises pour la santé (comme
cela on pourra pas dire que j'incite quoi que ce soit) et ces trois là ont faim...pourtant le repas était copieux.
Je connais S., j'ai confiance en lui, mais je connais aussi son gout immodéré à me surprendre, son plaisir à me voir désirée par d'autres, et sa grande propension à faire de moi un cadeau (mais
un cadeau en prêt) aux gens qu'ils estiment beaux et bons.
Bon...Le fait est que ces gens là me font peur, je ne les connais pas, ils sont froids, élégants, parfaits,le fait est que je ne me vois pas me sauver dans la rue toute grise et titubante comme
je suis, je ne sais pas quelle heure il est,je sais que je suis loin de chez nous, je ne me vois pas m'enfuir sans S., et S. parait tout à fait à l'aise,allongé comme un grand chat, discutant et
sirotant son verre en me regardant de ses yeux couleur Jade et semblant me défier de me défiler...
Assise en face de moi à moins d'un mètre,la femme brune, G. me regarde aussi. Elle bouge son pied comme un tigre sa queue.J'ai remarqué et admiré ses chaussures et la cambrure de sa cheville tout
à l'heure. Elle a vu mon regard insistant que j'avais cru discret pourtant. Son escarpin (rouge vif, en cuir verni, à fin talon de métal) se lève dans les airs, reste quelques secondes en
apesanteur, repousse gracieusement et lentement la petite table en verre ou nous avons diné et vient s'abattre brusquement sur ma cuisse.
Les discussions entre les deux hommes cessent. Je tente de me lever, de repousser cette chaussure aussi agressive que sa propriétaire. S. se lève prestement, comme un chat qui se détend, se
positionne derrière moi, m'attrape les mains et me les bloque derrière la nuque...Je suis prise au piège, je suis comme les oiseaux devant les chats. Paralysée...
Je suis aussi effrayée qu'excitée, je n'aime pas que l'on voit ma peur et mon émoi, je n'aime pas être impuissante, c'est moi qui commande, moi qui décide, c'est moi la dame...alors je rue,
l'escarpin s'enlève alors de ma cuisse, les deux longues mains de l'homme blond, J. viennent s'abattre sur mes deux cuisses, heureusement couvertes d'une longue jupe en satin, ces deux mains
palpent à travers la jupe et sentent la jarretière des mes bas, je rue encore et je mords la main de S. G. me lance une claque qui m'assomme, me caresse la joue, se rassoit en face de moi et
commence à se déchausser...
Les mains de J. écartent doucement et fermement mes cuisses raidies sous l'effort de rester fermées, le pied de G. aux ongles aussi rouges que ses escarpins désormais gisants sur le parquet
remonte le tissu de ma jupe, et se glisse dessous, entre mes jambes.Il me caresse très doucement,en appuyant beaucoup, la peau et les bas couleur chair...
Je me retrouve bientôt troussée,culotte et porte jarretelles apparents... Je suis rouge,j'ai peur, je suis mal, je suis troublée et j'ai chaud...Le gros orteil carmin vient appuyer délicieusement
à un point précis de mon dessous,cela dure longtemps, je n'ai plus mal ni peur,je me laisse aller, même si les mains de J. m'écartèlent plus encore...mes poignets sont douloureux à force d'être
maintenus, mais S. me mord la nuque et j'oublie vite mon inconfort...G. m'arrache ensuite mes chaussures et m'enlève mes bas, très brutalement.
Elle rit,dents de carnassiers et lèvres très rouges...Je me retrouve avec un bas fourré dans la bouche, l'autre noué autour du cou...elle se frotte sur moi, m'étouffant de ses seins, me giflant
de ses cheveux, m'embrassant puis me mordant...Cette fille est folle...Moi aussi,de désir. S. et J ne sont pas mieux...ils sont pâles et attentifs, ils sont beaux mais dangereux.
G. va chercher des ciseaux dans sa salle de bain,elle met longtemps à revenir, les hommes ne disent rien et ont les yeux fixes et brillants... je commence à avoir peur...pour mes cheveux, pour
mon intégrité physique...Splendide avec sa morphologie étrange elle revient complètement nue,avec les ciseaux et une brosse à cheveux, et parait bizarrement très douce d'un coup...Elle veut jouer
à la poupée dit-elle.
Mon compagnon rit de plaisir et de connivence avec elle, et me retourne sans brutalité,mais sans lâcher mes poignets...J'entends le bruit du lacet de mon corset qui se rompt sous les coups de
ciseaux...qui tombe de mon corps frémissant, dévoilant ma poitrine tendue par ma position...Elle coupe ensuite le cordon de ma jupe , qui suit la même trajectoire que mon corset, et me voilà en
culotte devant mes trois fauves...
Je suis une biche acculée devant trois loups, je suis aux abois, c'est l'hallali et je sens bientôt que c'est la curée...Angoisse et pulsion mêlées.
Je suis agenouillée sur le sofa, les seins et le ventre écrasé contre le dossier, les mains toujours tenues dans les airs par S., les pieds maintenus par J.
Les lames d'acier froid maniés par G. se promènent sur mon dos, passe sur mes cuisses, s'immiscent entre ma culotte et ma chair, et commencent à découper le tissu...Je me débats encore, surtout
par jeu, maintenant aussi clairement aussi émoustillée que mes trois chasseurs!
Mon rempart de dentelle tombe...Je suis désormais toute nue,très gênée, offerte à leur regard. Et je sais depuis un moment déjà que G. est cruelle.Elle passe sa lame de ciseaux dans mon
chignon,là je crie en guise d'avertissement malgré mon baillon-bas improvisé. Elle rit encore, m'arrache mon épingle, puis coupe sauvagement le ruban qui tient ma coiffure...
Mes cheveux se déroulent dans mon dos,me recouvrent la croupe, je retrouve un semblant d'habillement, et d'un coup je me sens mieux...G. semble vraiment vouloir jouer à la poupée, elle redevient
tendre d'un coup ( la peste soit des lunatiques) et se met à me démêler la tignasse doucement. Elle lâche la brosse, y met ses mains, puis son visage, je me détends...J'espère que S. va lâcher
mes poignets congestionnés pour que je puisse me retourner et la prendre dans mes bras, mais J. attrape la brosse et décide de frapper en alternance le postérieur de sa compagne et le mien...
Nouveau revirement de situation. S. dit "stop" et me lâche les avant-bras, et J. coopère et va baisser les lumières...G. et moi nous prenons dans les bras. Les hommes se rassoient. Je sais qu'ils
ne bougeront plus. G. est désormais tendre et aimante, nous nous embrassons mutuellement nos traces rouges...et nous nous roulons peau mate et peau blanche, cheveux noirs et cheveux pâles.Elle a
baissé sa garde...et nous faisons un tableau vivant pour nos hommes!
Et puis le reste ma foi, ne vous regarde pas!