Jeudi 14 septembre 2006 4 14 09 2006 08:23

J'ai posé ton corps nu sur la plaque vitrifiée,et j'ai laissé couler l'eau dans l'urne de verre.

 Tu as l'air de dormir dans le flot tourbillonnant,ses ondes font légèrement osciller ton visage,comme lorsque tu fais un mauvais rêve et que tu murmures à côté de moi.

 Ton expression est si calme,comme lorsque tu écoutes de la musique.Plus calme que tu n'as jamais été.Ta beauté si mouvante maintenant est fixée,comme un autoportrait de Dürer.

 Cette beauté,ces gestes,ces expressions que jamais je n'ai pu ni dessiner ni décrire tant tu étais changeant et ambigu...

 Je le puis désormais ,et j'aurais l'éternité pour le faire.

 Tes cheveux détachés flottent autour de ta tête,auréole capillaire, herbes dans un pré de néant aquatique.

 La température descend.Ta peau blanchit,les muscles se dessinent, ton visage se moule dans un écrin de glace.

 Tu es un joyau que l'eau gelée enserre,et tu te mets à resplendir,cendrillon masculine qu'aucun nain,qu'aucun génie, ne sera autorisée à voir et à pleurer.

 Je serais la seule,seule à contempler mon oeuvre d'art,mon amour pour toujours jeune et pour toujours offert.

 Tes cheveux maintenant gelés lancent des rayons d'astres mort de froid,tu es enfin mon paradoxe élucidé,mon homme soleil.

 Mes mains qui caressent la glace et mon coeur crucifié ont su depuis le début que  la brûlure serait identique:lorsque tu t'exposais rayonnant à Hélios,comme je voulais ressentir tout ce que tu ressentais j'exposais mon visage et je m'étais atrocement brûlé les yeux à sa lumière dorée.

 Mes larmes viennent se mêler aux dernières flaques encore liquides...

 Je t'ai toujours dit que tu aurais quelque chose de moi à emporter en souvenir...

 

 

Par gwennlorel - Publié dans : encredelune
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