encredelune

Dimanche 10 septembre 2006

Bien critique pendant des années comme pour tout ce qui concerne le "progrès",(concernant le blog je n'aimais pas l'aspect "mode" et voyeurisme souvent de rigueur)puis  j'ai fini par me dire que le blog pouvait aussi être un excellent moyen de pouvoir vous faire lire mes textes.

Ce blog aura donc principalement cette vocation.

Je ne compte pas y déballer ma vie ou y dévoiler mes idées politiques ou autres.

Je vous demande humblement de ne pas hésiter à commenter ces quelques textes.

 Bien cordialement,

encre de lune,alias gwennlorel.

 

Par Gwennlorel
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 11 septembre 2006

Il n’y pas d’étoiles.

Si ce n’est le pauvre simulacre in(can)décent du brandon de ma cigarette dans l’obscurité.

Je suis la femme qui fume souvent et rêve parfois.

Je suis un palimpseste qui s’auto consume et qui renaît de ses cendres, jonchant le cimetière- cendrier de ses mégots et de ses méfaits.

Il y a des textes à moitié effacés mais toujours présents sur les palimpsestes.Ils paraissent parfois oubliés, mais laissent des marques indélébiles .
Ces nombreux textes écrits les uns sur les autres amènent au fait que ce n’est plus un simple manuscrit, mais un vélin mystérieux qui exige une relecture attentive et objective.

Je ne réécris pas, je me contente de continuer à écrire même s’il n’y a parfois plus trop la place pour mes rêves.

Il n’y a plus d’étoiles,si ce n'est ma cigarette et mes brusques et fugaces espoirs en vous.

Mon cœur s’emballe alors, il rue contre ma morosité, il s’affole et accompagne mes pas inégaux et précipités.
Il me mord , il gémit de joie et gronde, avant de m’étreindre,avant de s’éteindre, écrasé d’ un geste rageur .

Comme mon mégot.Agonie solaire.

Mes talons claquent, asymétrie rythmique,je roule comme un bateau,comme une roulure,comme une femme ivre.

Chaperon ardent et chapelle noire,je plains le loup qui me suivrait....

Je suis heureuse ,mais ma plume ne coure sur le papier qu'avec de l'encre noire, qu'avec une ancre plongée dans des eaux troublantes et grises , troublées et grisantes.

Je revendique mes paradoxes, la cruauté et la douceur, l’ouverture et la fuite, l’amour et la haine,l’eau et le feu.

A travers le soir plein de murmures, au fond de mes extases chimiques, au partage alchimique,à vos gestes magiques , à ses seins en fleurs, aux roses de ton cœur,à des cheveux plus profonds que la mer, à mon chagrin à jamais enterré , à mon enfance abolie,à mes abandons , à ton immense don, à la beauté, à la tendresse,à la lumière.


Je vous souris dans mes forêts imaginaires, je vous aime dans mes nuits plurielles , dans mon innocence d'animal heureux qui suit son instinct, à travers ses yeux , à travers mon émerveillement pour tant de beautés autour de moi ,tant de chaleur ,tant d'amour , oh serrez moi encore , donnez moi votre désir et votre rire , offrez le moi j'essaierais de l'écrire pour le garder dans ma chair , ma chère amie sublime et enfin dévoilée , à travers mes rêves de femme-enfant , mon ravissement pour un homme-fille , pour tous mes navires trop chargés de souvenirs coulés et souillés ,pour toutes les larmes écoulées et essuyées ,pour tous mes cris arrachés et ravalés , et pour toi qui reviens , toi que je retrouve, et pour toi.

 

Par gwennlorel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 12 septembre 2006

 

Je me rappelle que mon monde originel était constitué de sensations riches et rassurantes. J’ouvrais grands mes yeux sur les vitraux de chair qui m’entouraient, laissant filtrer une chaude lumière rouge. Je flottais, mon cœur battant en symbiose parfaite avec le rythme maternel au-dessus de moi. Je touchais mains écartées comme une aveugle les parois tièdes de mon cocon, je goûtais le liquide orangé qui m’emplissait les poumons.

 Une chenille ne donne pas toujours un beau papillon, surtout quand la chrysalide elle-même refuse l’anamorphose….

 En l’occurrence ma naissance, grande violence, fit de moi un papillon de nuit.

 Un papillon attiré par la lumière mais qui se brûle les ailes à la lampe qui le séduit…

Une luciole suicidaire amante du braisier qui la tue à petit feu.

Une enfant qui luttait pour ne pas naître, ne pas sortir de la matrice devenue broyeuse, gueule de serpent musculeuse.

Ne pas naître ne pas respirer ne pas ouvrir les yeux et refuser le premier souffle.

Je vins au monde comme tous les enfants, dans l’odeur et la texture du sang, mais j’en gardais une impression si marquante que tous les moments d’angoisse de ma vie allaient se caractériser par une volonté de retour dans l’utérus.

 A 27 ans je passe la moitié de mes journées recroquevillée dans un bain tiède, et cela fait bien longtemps que mes paroles se sont taries.

 Cliniquement je ne suis pas folle : je suis simplement têtue et j’ai décidé un beau jour d’arrêter de parler. La recette était la suivante : Prenez de la pure curiosité un peu de mépris un soupçon de désespoir et mélangez. Vous obtiendrez quelque chose d’informe et d’assez peu digeste les premiers temps, ça picote la langue et ça gratte au fond de la gorge, la voix furieuse griffe les parois du puits et essaie de s’échapper ; et puis on s’habitue, la voix s’apprivoise et s’endort au fond de soi, elle murmure simplement dans la tête et s’entend par la plume. Je finis par lui faire un peu plus confiance, elle n’essaie plus comme au début de s’échapper par mes rêves, sauvage et libre elle jaillissait du fond de ma poitrine.

 Je l’aime bien, ce n’est pas elle que je punis, ce sont les mots…

 Les mots furent ma musique personnelle, ma première fascination avant même que je ne comprenne leur sens, les doux murmures des adultes penchés sur mon corps frissonnant et neuf, la voix de ma mère me plongeant dans le ravissement et le sommeil.

 

 

 

 

 

Par gwennlorel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 14 septembre 2006

J'ai posé ton corps nu sur la plaque vitrifiée,et j'ai laissé couler l'eau dans l'urne de verre.

 Tu as l'air de dormir dans le flot tourbillonnant,ses ondes font légèrement osciller ton visage,comme lorsque tu fais un mauvais rêve et que tu murmures à côté de moi.

 Ton expression est si calme,comme lorsque tu écoutes de la musique.Plus calme que tu n'as jamais été.Ta beauté si mouvante maintenant est fixée,comme un autoportrait de Dürer.

 Cette beauté,ces gestes,ces expressions que jamais je n'ai pu ni dessiner ni décrire tant tu étais changeant et ambigu...

 Je le puis désormais ,et j'aurais l'éternité pour le faire.

 Tes cheveux détachés flottent autour de ta tête,auréole capillaire, herbes dans un pré de néant aquatique.

 La température descend.Ta peau blanchit,les muscles se dessinent, ton visage se moule dans un écrin de glace.

 Tu es un joyau que l'eau gelée enserre,et tu te mets à resplendir,cendrillon masculine qu'aucun nain,qu'aucun génie, ne sera autorisée à voir et à pleurer.

 Je serais la seule,seule à contempler mon oeuvre d'art,mon amour pour toujours jeune et pour toujours offert.

 Tes cheveux maintenant gelés lancent des rayons d'astres mort de froid,tu es enfin mon paradoxe élucidé,mon homme soleil.

 Mes mains qui caressent la glace et mon coeur crucifié ont su depuis le début que  la brûlure serait identique:lorsque tu t'exposais rayonnant à Hélios,comme je voulais ressentir tout ce que tu ressentais j'exposais mon visage et je m'étais atrocement brûlé les yeux à sa lumière dorée.

 Mes larmes viennent se mêler aux dernières flaques encore liquides...

 Je t'ai toujours dit que tu aurais quelque chose de moi à emporter en souvenir...

 

 

Par gwennlorel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 14 septembre 2006

Serre moi encore !

Allez serre, enlace moi jusqu’à l’étouffement…
Tu hésites à nouer ces liens ? ils ne sont rien de plus qu'un prolongement de ce qui m'attache à toi...

Dans les heures laborieuses qui vont nous séparer cela me rappelera tes bras ,mon souffle coupé par le métal et le satin le jour me rappelera mes haletements et mes essouflements nocturnes.

Romps moi les cotes,écrase mes reins,façonne mon ventre,érige mes seins...

Cela me rememorera mes sanglots étouffés,mes larmes refoulées face à la bêtise et à mon corps informe d'adolescente,cela me remememorera ma fierté rigide comme mon busc.Corset du passé...

Que ce doux cilice de satin me protege et me carapaçonne,me fait un écrin ,ersatz de ton corps-rempart à toi.

Mon corset est une prolongation sensuelle de toi,toi qui a donné l'assaut à mes réticences et a fini par (a)voir mon coeur à nu.

Face aux autres il est un cocon,une armure,qu’ils sachent que la fille qu’ils s’imaginent n’est ni princesse éplorée et romantique attendant un preux chevalier,ni poupée stupide et passive…

Ragoteurs,mesquins,carriéristes,jouisseurs stupides faisant d'un carpe diem incompris votre devise et votre excuse pour votre existence égoiste et inutile,pour vous je ne serais que la Princesse catin,que la Poupée putain,puisque vous me voyez ainsi!


En réponse je n'en serais que plus hautaine,plus méprisante,plus froide à l'instar de la Lune qui me dirige!


A peu de personnes je me montre aussi Lune rousse et lumineuse,dansante et amoureuse….
Sans doute ceux là ont ils perçu l'adulte déjà mure et abimée derrière le visage handicapant et peu crédible d'éternelle petite fille,autre chose qu'une gothique en vinyl ou qu'une blondasse...

Mon corset est le nuage qui me voile et me nimbe à la fois.

Puisque vous me voyez à travers vos préjugés putrides et vos fantasmes puants,je ne serais qu'inacessible et corsetée de mépris en même temps que de satin.
Restez dans votre monde de plaisirs immédiats et mornes....
Mes plaisirs vous dépassent,ne m'imposez pas les votres...

 

 

 

 

Par gwennlorel
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus