Flamenco Poetico "Palimpseste et Paradoxe" le 01 juin 2013 à l'auberge de la Butte(13ème) à l'occasion du vernissage de Chrystelle Berger
Il n’y pas d’étoile.
Si ce n’est le pauvre simulacre in(can)décent du brandon de ma cigarette
dans l’obscurité.
Je suis la femme qui fume souvent et rêve parfois.
Je suis un palimpseste qui s’auto-consume et qui renaît de ses cendres, jonchant le cimetière-cendrier de ses mégots et
de ses méfaits.
Il y a des textes à moitié effacés mais toujours présents sur les
palimpsestes. Ils paraissent parfois oubliés, mais laissent des marques indélébiles.
Je ne réécris pas, je me contente de continuer à écrire même s’il n’y a parfois plus trop la place pour mes rêves.
Il n’y a plus d’étoile, si ce n'est ma cigarette et mes brusques et fugaces espoirs en vous.
Mon cœur s’emballe alors, il rue contre ma morosité, il s’affole et accompagne mes pas inégaux et
précipités.
Il me mord, il gémit de joie et gronde, avant de m’étreindre, avant de
s’éteindre, écrasé d’un geste rageur.
Comme mon mégot. Agonie solaire.
Mes talons claquent, asymétrie rythmique, je roule comme un bateau, comme une roulure, comme une femme
ivre.
Chaperon ardent et chapelle noire, je plains le loup qui me suivrait....
Je suis heureuse, mais ma plume ne coure sur le papier qu'avec de l'encre noire, qu'avec une ancre plongée dans des eaux
troublantes et grises, troublées et grisantes.
Je revendique mes paradoxes, la cruauté et la douceur, l’ouverture et la fuite, l’amour et la haine, l’eau et le
feu.
A travers le soir plein de murmures, au fond de mes extases chimiques, au partage alchimique, à vos gestes magiques, à
ses seins en fleurs, aux roses de ton cœur, à des cheveux plus profonds que la mer, à mon chagrin à jamais enterré, à mon enfance abolie, à mes abandons, à ton immense don, à la beauté, à la
tendresse, à la lumière.
Je vous souris dans mes forêts imaginaires, je vous aime dans mes nuits plurielles , dans mon innocence d'animal heureux qui suit son instinct, à travers ses yeux, à travers mon émerveillement pour tant de beautés autour de moi, tant de chaleur, tant d'amour, oh serrez-moi encore, donnez-moi votre désir et votre rire, offrez-le moi ! J'essaierais de l'écrire pour le garder dans ma chair, ma chère amie sublime et enfin dévoilée, à travers mes rêves de femme-enfant, mon ravissement pour un homme-fille, pour tous mes navires trop chargés de souvenirs coulés et souillés, pour toutes les larmes écoulées et essuyées, pour tous mes cris arrachés et ravalés et pour toi qui reviens, toi que je retrouve et pour toi.