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A vous....

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De la vie à la poésie, des maux aux mots, du papier à la chair, de la littérature à l'effeuillage...

J'écris pour faire rêver, ressentir, crier, pleurer, vibrer, vivre, vomir...J'écris pour être lue...J'écris pour vous...vous qui m’inspirez tant…

 

Ne vous comportez pas en cons-sots-mateurs et laissez un peu de vous sur cette page, mon art s'asphyxie sans jamais de retours...Et sinon, vous pouvez me voir sur scène aussi...

 

Merci à tous. 

 

 

Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 19:53

Lentement, nos corps devenus vagues, écumes,

Recouvrirent l'écueil mat et sombre de nos nudités,

Et en nos chairs meurtries nous pûmes

Nous ressourcer à cette nouvelle marée.

 

La nuit, la nuit-voyage

Redessine nos visages.

 

Corps à coeur mêlés, nous sommes partis,

Océans et bateaux à la fois,

Vers des contrées inconnues, de merveilleux pays,

Où les heures, les années, n'existent pas.

 

La nuit, la nuit-rivage

Sculpte notre voyage.

 

Les ombres sont des fantômes qui soupirent

Pâmés de bonheur et de sensations,

Nous écrivons et façonnons nos désirs,

Et nos lèvres en inventent des chansons.

 

La nuit, la nuit-visage

Agrandit nos rivages.

 

Epris de joie et pris de sommeil,

Nos mains se sont ouvertes et fermées

Comme la caresse sur nos coeurs en éveil

Telles des fleurs de mer et d'obscurité.

 

La nuit, la nuit-mirage

Prolonge notre voyage.

 

De nos ventres nous créons des soleils perdus

Qui naissent, et qui meurent,

Aux couleurs de notre absolu,

Où chaque spasme est une fleur.

 

 

 

Par Tabula Rasa Poésie
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Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 11:30

Je suis ce vaisseau blanc et stellaire

Qui veille, de son oeil blanc de colère,

Le cadavre supplicié de la Terre.

 

Un matin, les cavaliers sont venus apporter

Ce que vous aviez tant craint,

Et si souvent tenté de conjurer.

Mais vos prières n'ont servi à rien.

 

Dans le ciel immense, j'ai assisté, impuissante

A la maladie de ma voisine, à son agonie, lente,

Puis à son chaos, à sa destruction si fulgurante.

 

Vous êtes morts en montrant du doigt Saint Jean!

Accusez le donc de vos calamités!

Car il n'y avait pas de cavaliers,

Ni de chevaux. Juste vous.

La seule graine d'apocalypse était en vos flancs.

 

Je suis cet astre mort et jumeau

Qui contemple le dernier repos,

D'un corps céleste jadis si beau.

 

Un soir, les anges aux quatre vents

Ont balayé ce qui pouvait rester,

Eliminé ultimes espoirs, derniers chants,

Sur ce sol irrémédiablement calciné.

 

Sous la voute céleste, désespérée,

J'ai figé ma course d'éternité

Pour voir ma soeur bleue s'embraser.

 

Mourrez donc en craignant Saint Jean et ses imprécations!

Vous allumâtes tous seuls les feux

De votre annihilation. La nature a créé,

Vous aviez détruit.Il n'y a pas d'exterminateurs.

Vous portiez en vous la destruction.

 

Je suis ce satellite fidèle,

Qui de son regret éternel,

Tourne dans le néant du ciel.

 

Désormais

Et pour jamais

Eperdument silencieux

 

Il n'y a pas. Il n'y a plus.

De Dieu.

 

Juste la folie des hommes.

 

Par Tabula Rasa Poésie
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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 12:08

Je suis ta Lady, et je ne t’ai pas affublé d’un nom ou d’un sobriquet de femme ou de toutou…Tu as un nom secret, que je te dirais. Que je t’écrirais plutôt, car tu me connais très bien, et seul mon écrit est ma réelle parole.

Je n’aime pas qu’on m’appelle Maitresse ou Domina, et tu ne le fais pas, pas plus que je ne te nomme soumis ou esclave. Parce que je sais que notre relation est un peu différente…
Elle est à nous.

Je suis simplement pour toi Lady dès que mon regard change et se glace, que ma voix claque comme un fouet, que mon corps se raidit, que mon visage se durcit.

Je suis ravie que tu comprennes si finement le début de nos Jeux en observant mes simples changements de physionomie ; ravie de la crainte que je t’inspire à ces moments là, et paradoxalement de la confiance que tu places en moi.

Je suis comblée de cette complicité muette ou je n’ai au final rien à ordonner pour être servie, rien à hurler pour pimenter nos soirées.

J’apprécie ton obéissance qui n’est pas de la docilité, ton abandon qui n’est pas de la passivité, tes taquineries ou tes révoltes toujours justifiées.

Je suis satisfaite de faire de toi ma femme de chambre pour me vêtir, mon échanson très habile et attentif quand mes ami(e)s viennent dîner, mon masseur pour t’occuper de mes pieds abimés.

Je suis troublée de danser dénudée devant toi, dans une salle pleine de gens, à quelques centimètres de ton visage, en ne voyant que tes yeux quand tout le monde me fixe ; de m’offrir à d’autres devant toi, en gardant ta chaine enroulée serrée et tendue dans ma main, en t’intimant l’ordre de ne pas baisser le regard; de te demander, moi nue dans la douche et toi agenouillé devant, de me laver ; de t’ordonner de dormir avec moi pour me réchauffer et de sentir ton souffle et ta chair très émoustillés, et de savoir à quel point je te fais passer une nuit blanche ; de te raconter mes ébats anonymes mais que tu sais réels … sans que tu puisses jamais me toucher, jamais aller plus loin physiquement que ces danses, ces exhibitions, ces confidences, et ces tendresses, en te laissant aux affres de ton désir jamais rassasié, et aux délices de ma propre excitation assouvie intellectuellement…

Je suis folle de joie, comme une fillette, quand je monte sur ton dos comme on monte un cheval patient et puissant, quand tu m’emportes, dans la rue, après une soirée, dans la nuit, au nez des passants ébahis, mon sexe encore chaud d’avoir dansé secrètement appuyé contre ta nuque.

Je suis joyeuse quand, soudainement, comme un chat capricieux, je te griffe à sang, te mord à laisser mes marques de dents, te tourmente de mille manières, alors que la minute d’avant je reposais sur tes genoux devant un film. Je suis fière des stigmates que je te laisse, et enchantée de te voir les arborer si fièrement.

J’aime te battre, te frapper, t’attacher, même si je ne le fais pas souvent car je ne suis pas réellement brutale. Mais je jouis à ce moment là de voir ce corps immense, qui pourrait aisément m’écraser et me broyer, cette chair qui pourrait se refuser si facilement, qui frissonne alors sous moi, et je regarde alors ton visage encore enfantin…

Je suis contente que tu me contes tes autres Maitresses, plus sévères et moins cérébrales que moi, que tu me narres tes dernières acquisitions coquines ou tes folies vestimentaires, de savoir que tu les utilises et que tu t’en vêts…

Je suis heureuse que tu connaisses mes défauts de caractère, mes sautes d’humeur, mes imperfections physiques, que tu me connaisses si bien…que tu sois aussi et surtout mon ami.

Je suis ta Lady, et tu es mon cher et unique valet de cœur.

Par Tabula Rasa
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 20:23

 

J'ai pleuré le soleil enfui
Comme si on m'avait arraché du ventre un enfant
Car j'étais transie
Et toutes les couleurs palissaient soudainement

... J'ai désiré et hurlé après ses rayons
Car ils caressaient si bien ma peau et ma chair
Que je m'abandonnais, en pamoison
En offrande à lui, des heures entières.

Car le soleil était mon amant.Il m'aimait.
Il me nourrissait de sa sève dorée
Et m'engourdissait et m'engloutissait
Et m'envahissait et m'enlaçais jusqu'à m'étouffer

L'infidèle est parti...depuis que la terre est ronde...
Comme tous les ans,quelques mois, quelques saisons
Aller faire l'amour et l'été à l'autre bout du monde
A des terres lointaines, à d'autres horizons.

Je souris au soleil revenu
Célèbre l'amant brûlant et retrouvé
Et de nouveau m'abandonner, presque nue
A sa chaleur et à ma propre volupté.

Par Tabula Rasa
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Vendredi 30 septembre 2011 5 30 /09 /Sep /2011 16:29

Sources:
tradition orale médiévale, retranscrite par Perrault puis Grimm . Et Merci à la Psychanalyse des Contes de fées
de Bruno Bettelheim.

Depuis qu'elle avait 8 ans, le petit chaperon rouge devait être sage, promettre de se méfier des inconnus et aller amener une fois par semaine des victuailles à sa grand-mère dans une maisonnette isolée à l'autre bout de la forêt.

Mais le chaperon rouge, qui n'était plus une enfant, bien qu’adorant sa grand mère, se révoltait un peu contre ce rituel vieux déjà d'une décennie, car elle trouvait que son accoutrement mignon sur une fillette devenait trop court voire embarrassant sur une jeune fille de 18 ans. La chemise à lanières s'ouvrait sur sa poitrine tendue, sa jupe ne lui arrivait plus qu'à mi cuisse, et la cape écarlate était plus voyante qu'autre chose...Les chasseurs avinés qui sentaient le sang froid et la mort la sifflaient à l’entrée de la forêt, lui faisaient des gestes obscènes en vidant des lapins, et lui conseillaient lourdement de l’accompagner car elle n’avait jamais « vu le loup ».

La seule raison pour laquelle elle ne se révoltait pas était que dans la forêt ses sens étouffés dans sa famille étaient libérés dans la pénombre, où elle entendait en automne le brâme des cerfs en rut, où cette fois elle vit deux renards s'accoupler, flammes entremêlées et glapissements qui la rendirent heureuse pour eux, faisant corps avec la nature, et étrangement moite...Elle ne savait pourquoi mais elle espérait une rencontre toutes les semaines dans ces chemins de futaies bordées de ronces...

Rêveries de vierge, floues, à la sensualité vague, animale mais puissante...

Elle aimait flâner, se dévêtir, chanter des chansons paillardes ou romantiques, danser en se frottant sur un arbre, parfois se regarder uriner dans un éclat de soleil et de rire dans une clairière, et elle rêvait qu'on la regardait, qu'on la suivait, sans bruits...

Un jour qu'elle sifflait à l'intention d'un roitelet dont elle observait les tentatives de séduction sur une jolie petite femelle, elle tomba au détour du chemin bien connu sur une magnifique créature.

Le loup, car c’en était un, avait de superbes yeux verts clairs, un poil noir et luisant, et des dents blanches et bien plantées. Il était campé là, au milieu du chemin, et il lui souriait… Il la regardait d’une manière si intense que ses émois lui firent comme un second cœur au bas-ventre…

«Belle demoiselle ou vas-tu si lentement ? Lui dit-il d’une voix grave et étonnamment musicale.
-Je vais porter un panier de victuailles à ma grand-mère qui habite le chalet forestier très isolé.
-Puis je t’accompagner ? Peux on parler, se revoir ?
-Non je n’ai pas le droit de parler aux inconnus »
lui répondit-elle automatiquement, frustrée et terriblement excitée de cette rencontre, mais conditionnée depuis sa plus tendre enfance à rétorquer cela…

Mais le chaperon, inconsciemment ou non, avait donné la réponse que le loup attendait, car il connaissait beaucoup mieux qu’elle la forêt… A toutes jambes il prit un raccourci et arriva bien avant elle dans la maison de la grand-mère, qu’il trouva endormie, car la pauvre vieille était si gâteuse qu’elle aurait du être à la maison de retraite plutôt que toute seule dans cette maison. Il la glissa dans un rocking-chair, lui ôta ses bas de contention, sa ceinture et son ruban, sans la réveiller, mit son bonnet, et se fourra nu dans les draps…Pour prouver ses bonnes intentions, et qu’il était sans danger pour la belle, il fit des nœuds coulants avec les bas, la ceinture et le ruban, aux quatre montants du lit, passa ses membres dedans, et s’attacha ainsi, écartelé et patient….

Le chaperon très troublée par son aventure ne remarqua pas la porte entrouverte et rentra dans la chambre sombre immédiatement, habituée qu’elle était à sa mamie impotente qui restait toujours alitée et qui ne supportait plus la lumière. Elle embrasse l’aïeule plus râpeuse et moustachue que d’habitude, et voulut la serrer contre elle…Sauf que la peau froide et rugueuse de la vieillarde était changée en chair très chaude et velue, sauf que son souffle faible et régulier s'était mué en un râle puissant et saccadé, plein de désirs…sauf que la langue qui lui léchait l’oreille et les crocs qui lui mordillaient le cou n’étaient pas la caresse innocente d’une grand-mère à sa petite fille….

Effrayée, elle fit un bond en arrière, découvrit sa grand-mère confortablement assoupie dans un coin derrière elle, (le loup était un parfait gentleman) et réprima son intention de hurler…

Puis elle s’avança de nouveau, arracha le drap, et admira le lycanthrope nu, en érection, une énorme érection, émouvante et belle dans sa crudité, complètement à sa merci, la couvant d’un regard brûlant de désir et d’amour…

C’est elle qui posséda le loup,le prenant longuement, révélant son désir, sa sauvagerie de petit lutin trop longtemps comprimé sous son bonnet, ce loup qui se laissait lécher, tirer la fourrure, avaler, mordre, griffer, chevaucher, étouffer, comme une peluche bestiale à apprivoiser… Ce loup qui ne demandait qu’à devenir un chien magnifique et bien éduqué…

L'ancêtre, complètement éveillée par les mouvements et les bruits animaux, ne survécut pas du tout au spectacle rouge, blanc et noir du corps immaculé et arcbouté de la jouvencelle déchainée sur le corps compact et brun du fauve…ne supporta pas les râles de plaisir des deux amants si dissemblables….
Elle en fit une syncope et mourut.

Comme la petite s’était toujours bien occupée d’elle, elle lui avait léguée sa maison à sa toute récente majorité…Le loup y fut gardé captif bienheureux par notre chaperon, qui vécut avec lui et l’aimât à sa manière sauvageonne et possessive, et qui de temps en temps, allait gambader nue dans la forêt avec lui, pour faire l'appât, pour chasser en sa compagnie, et pour lui ramener des chasseurs à éventrer, des petits poucets à dévorer, car après tout, il restait un loup de conte de fées….

Par Tabula Rasa
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