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Je suis là pour partager mes émotions...

Mercredi 30 septembre 2009

S21

La jeune fille. Ses yeux noirs fendus et immenses. Son minois plein de silence et d'obstination. Ses longs cheveux sombres et lisses cachent son jeune corps et son vêtement en lambeaux. La jeune fille devant lui, jeune khmer rouge armé d'un bâton.

Son commandant l'observe. Il va devoir l'interroger. En son for intérieur il sait qu'elle ne parlera pas. Il l'a ressenti. Mais il aimerait qu'elle crie, il ne sait pas pourquoi.

Il doit interroger les traîtres à la révolution lui a t'on appris. Même si les traîtres sont un jour sa mère, son ami ou n'importe qui. Il n'a pourtant pas de mère, ni d'amis. Il est juste un enfant soldat élevé dans la gloire de Pol Pot, et il est maintenant gardien au camp S21.

Il lui fait épeler son nom. Elle le dit très bas. Il lui fait répéter…Elle le crie comme un défi, comme une braise dans le noir, comme un chant d’oiseau dans la nuit. Elle a une voix douce et un peu voilée, comme une adolescente timide à son premier rendez vous... Il lui demande son âge. Seize ans. Lui en a quatorze. Il n’a jamais vu de près une femme. Et il n’a jamais contemplé quelque chose d’aussi joli que cette fille toute frêle qui chancelle devant lui.

Quelles sont tes fautes ? Silence. Il la regarde. Son commandant l’observe. Quelles sont tes fautes ? Il lui lance une gifle. La fille cille mais ne répond rien. Quelles sont tes fautes ? Il brandit son bâton, il est en colère non de son mutisme mais parce qu’elle ne le voit réellement pas. Quelles sont tes fautes et la badine lui frappe les mollets très fort.

La fille tombe à genoux. Elle ne parle pas. Toujours pas. Quelles sont tes fautes ? La trique se déchaîne sur elle, il hurle, quelles sont tes fautes, quelles sont tes fautes , le corps à terre se tend , tressaute et se dénude, la fille ne répond rien et ne répondra pas, quelles sont tes putains de fautes, quelles sont tes fautes quelles sont tes fautes, il la bastonne à l’aveugle, les larmes pleins les yeux, le dos tourné à son commandant, quelles sont tes fautes il épargne le visage si beau les lèvres roses et la gorge palpitante, la gorge mise à nue sous le haillon troué, quelles sont tes fautes quelles sont tes fautes la fille ne répondra pas, la fille le trouble et il ne sait pas pourquoi, quelles sont tes fautes quelles sont tes fautes elle est belle il ne comprend pas quelles sont tes fautes qu’il voulait lui donner la petite mort et pas celle dont on ne revient pas.

Le commandant se met à vociférer, quelles sont tes fautes, il a son cadavre qu’il secoue et malmène dans les bras, quelles sont tes fautes, il pleure et il ne saisit pas pourquoi.

Pourquoi sa haine à défaut de son désir pourquoi sa violence à défaut de son amour .

La machine de mort a dérapé ce soir là. Il sera exécuté.

 
Par gwennlorel
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Mercredi 23 septembre 2009

Je me rappelle qu'avec S.,nous étions invités chez J. et G., couple splendide et assorti que nous connaissions encore très imparfaitement, et conscients de notre valeur sur le marché de la viande,nous nous tournions tous les quatre mutuellement autour, vague séduction amicale, début de complicité,distance corporelle respectueuse, discussion intellectuelle, quelques allusions grivoises....Nous partagions un merveilleux dîner exotique tous les quatre.
Je me rappelle que j'avais bu plus que de coutume,fumé plus que de raison, et avalé plein de choses bizarres sur ton incitation...

G. ne me quittait pas des yeux et me resservait systématiquement. G. est étrangement belle,ses contrastes la rendent magnifique, c'est une brune immense et dorée, (aussi grande que toi mon mieux aimé)à poitrine opulente et à hanches garçonnes. Dans un visage dur et triangulaire,encadrés de longs cheveux lisses et noirs, ses yeux verts et jaunes sont déroutants. Elle ne cille pas. Sa bouche sourit,entourée de jolies fossettes qui dénotent agréablement dans sa face sévère, mais pas son regard. G. me fixe. Je suis mal à l'aise. Je n'en laisse rien paraître. Jamais. S. m'a appris à me contrôler, à être toujours polie, gracieuse et froide. Elle ôte le feu glacé de son regard du mien de temps en temps, pour échanger un coup d'oeil complice avec son compagnon, J. au physique parfaitement complémentaire de celui de sa compagne. Blond, fin, séduisant et grand aussi. Affable également, hôte intelligent et très éduqué, il échange clairement des sourires entendus avec sa compagne, mais aussi avec S. Ils ne parlent plus, ne mangent plus, et sourient bizarrement.

Un serpent mordoré, un corbeau et un tigre des neiges me fixent. Je ne suis ni louve ni lionne ni renarde aujourd'hui. Je suis blanche biche,entravée par de biens jolis pièges et collets:des jolies bottes de cuir à lacets avec un talon bien trop haut,un corset trop emboitant,les jambes coupées par un peu trop de substances qui font plaisir mais qui sont mauvaises pour la santé (comme cela on pourra pas dire que j'incite quoi que ce soit) et ces trois là ont faim...pourtant le repas était copieux.

 

Je connais S., j'ai confiance en lui, mais je connais aussi son gout immodéré à me surprendre, son plaisir à me voir désirée par d'autres, et sa grande propension à faire de moi un cadeau (mais un cadeau en prêt) aux gens qu'ils estiment beaux et bons.

Bon...Le fait est que ces gens là me font peur, je ne les connais pas, ils sont froids, élégants, parfaits,le fait est que je ne me vois pas me sauver dans la rue toute grise et titubante comme je suis, je ne sais pas quelle heure il est,je sais que je suis loin de chez nous, je ne me vois pas m'enfuir sans S., et S. parait tout à fait à l'aise,allongé comme un grand chat, discutant et sirotant son verre en me regardant de ses yeux couleur Jade et semblant me défier de me défiler...

Assise en face de moi à moins d'un mètre,la femme brune, G. me regarde aussi. Elle bouge son pied comme un tigre sa queue.J'ai remarqué et admiré ses chaussures et la cambrure de sa cheville tout à l'heure. Elle a vu mon regard insistant que j'avais cru discret pourtant. Son escarpin (rouge vif, en cuir verni, à fin talon de métal) se lève dans les airs, reste quelques secondes en apesanteur, repousse gracieusement et lentement la petite table en verre ou nous avons diné et vient s'abattre brusquement sur ma cuisse.

Les discussions entre les deux hommes cessent. Je tente de me lever, de repousser cette chaussure aussi agressive que sa propriétaire. S. se lève prestement, comme un chat qui se détend, se positionne derrière moi, m'attrape les mains et me les bloque derrière la nuque...Je suis prise au piège, je suis comme les oiseaux devant les chats. Paralysée...

Je suis aussi effrayée qu'excitée, je n'aime pas que l'on voit ma peur et mon émoi, je n'aime pas être impuissante, c'est moi qui commande, moi qui décide, c'est moi la dame...alors je rue, l'escarpin s'enlève alors de ma cuisse, les deux longues mains de l'homme blond, J. viennent s'abattre sur mes deux cuisses, heureusement couvertes d'une longue jupe en satin, ces deux mains palpent à travers la jupe et sentent la jarretière des mes bas, je rue encore et je mords la main de S. G. me lance une claque qui m'assomme, me caresse la joue, se rassoit en face de moi et commence à se déchausser...

Les mains de J. écartent doucement et fermement mes cuisses raidies sous l'effort de rester fermées, le pied de G. aux ongles aussi rouges que ses escarpins désormais gisants sur le parquet remonte le tissu de ma jupe, et se glisse dessous, entre mes jambes.Il me caresse très doucement,en appuyant beaucoup, la peau et les bas couleur chair...

Je me retrouve bientôt troussée,culotte et porte jarretelles apparents... Je suis rouge,j'ai peur, je suis mal, je suis troublée et j'ai chaud...Le gros orteil carmin vient appuyer délicieusement à un point précis de mon dessous,cela dure longtemps, je n'ai plus mal ni peur,je me laisse aller, même si les mains de J. m'écartèlent plus encore...mes poignets sont douloureux à force d'être maintenus, mais S. me mord la nuque et j'oublie vite mon inconfort...G. m'arrache ensuite mes chaussures et m'enlève mes bas, très brutalement.

Elle rit,dents de carnassiers et lèvres très rouges...Je me retrouve avec un bas fourré dans la bouche, l'autre noué autour du cou...elle se frotte sur moi, m'étouffant de ses seins, me giflant de ses cheveux, m'embrassant puis me mordant...Cette fille est folle...Moi aussi,de désir. S. et J ne sont pas mieux...ils sont pâles et attentifs, ils sont beaux mais dangereux.
G. va chercher des ciseaux dans sa salle de bain,elle met longtemps à revenir, les hommes ne disent rien et ont les yeux fixes et brillants... je commence à avoir peur...pour mes cheveux, pour mon intégrité physique...Splendide avec sa morphologie étrange elle revient complètement nue,avec les ciseaux et une brosse à cheveux, et parait bizarrement très douce d'un coup...Elle veut jouer à la poupée dit-elle.

Mon compagnon rit de plaisir et de connivence avec elle, et me retourne sans brutalité,mais sans lâcher mes poignets...J'entends le bruit du lacet de mon corset qui se rompt sous les coups de ciseaux...qui tombe de mon corps frémissant, dévoilant ma poitrine tendue par ma position...Elle coupe ensuite le cordon de ma jupe , qui suit la même trajectoire que mon corset, et me voilà en culotte devant mes trois fauves...

Je suis une biche acculée devant trois loups, je suis aux abois, c'est l'hallali et je sens bientôt que c'est la curée...Angoisse et pulsion mêlées.

Je suis agenouillée sur le sofa, les seins et le ventre écrasé contre le dossier, les mains toujours tenues dans les airs par S., les pieds maintenus par J.

Les lames d'acier froid maniés par G. se promènent sur mon dos, passe sur mes cuisses, s'immiscent entre ma culotte et ma chair, et commencent à découper le tissu...Je me débats encore, surtout par jeu, maintenant aussi clairement aussi émoustillée que mes trois chasseurs!

Mon rempart de dentelle tombe...Je suis désormais toute nue,très gênée, offerte à leur regard. Et je sais depuis un moment déjà que G. est cruelle.Elle passe sa lame de ciseaux dans mon chignon,là je crie en guise d'avertissement malgré mon baillon-bas improvisé. Elle rit encore, m'arrache mon épingle, puis coupe sauvagement le ruban qui tient ma coiffure...

Mes cheveux se déroulent dans mon dos,me recouvrent la croupe, je retrouve un semblant d'habillement, et d'un coup je me sens mieux...G. semble vraiment vouloir jouer à la poupée, elle redevient tendre d'un coup ( la peste soit des lunatiques) et se met à me démêler la tignasse doucement. Elle lâche la brosse, y met ses mains, puis son visage, je me détends...J'espère que S. va lâcher mes poignets congestionnés pour que je puisse me retourner et la prendre dans mes bras, mais J. attrape la brosse et décide de frapper en alternance le postérieur de sa compagne et le mien...

Nouveau revirement de situation. S. dit "stop" et me lâche les avant-bras, et J. coopère et va baisser les lumières...G. et moi nous prenons dans les bras. Les hommes se rassoient. Je sais qu'ils ne bougeront plus. G. est désormais tendre et aimante, nous nous embrassons mutuellement nos traces rouges...et nous nous roulons peau mate et peau blanche, cheveux noirs et cheveux pâles.Elle a baissé sa garde...et nous faisons un tableau vivant pour nos hommes!

Et puis le reste ma foi, ne vous regarde pas!

Par gwennlorel
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Mardi 22 septembre 2009
C'était il y a 10 ans.

Il me regardait depuis que j'étais rentrée dans le magasin de chaussures. C'était le vendeur, ou le propriétaire. Pas de bonjour. Je devais l’ennuyer, à dix minutes de la fermeture, avec mon air de traînarde adolescente sans le sou… Un regard très rapide sur mon physique, un rictus méprisant sur mes docks Martens... J'avais repéré une paire de chaussures à talons dans sa vitrine, des stilettos plus exactement, complètement extrêmes et complètement importables, et je les voulais... Sans avoir aucune raison de les porter, dans ma chambre d’étudiante de quartier pauvre de Paris, dans les rues de Barbès... aucune soirée fétish, je ne savais même pas que cela existait. Des escarpins argentés à talon aiguille de métal, avec une cambrure impressionnante, et des lanières... L’instinct sans doute, une sorte de rêve prémonitoire qui se cristallisait dans ces chaussures...

Il m’a demandé ma pointure, d’un air dédaigneux. Il est parti me les chercher pendant que je me déchaussais.Et puis quand il est revenu, la boite à la main, son regard a changé. Il regardait mes pieds.L’un soigneusement bandé, avec juste les orteils vernis en nacre rose qui dépassent. L’autre blanc et fin, avec les doigts peints en violet…avec des collants transparents par-dessus la chair.

Il a vu que j’étais blessée par une maladie incurable, et pourtant ne paraissait pas dégoûté. Nous étions seuls. Il a commencé à se mettre à genou, et à poser mes pieds sur ses cuisses. Je ne comprenais pas ce qu’il faisait. Mais je le laissais faire, car étant habituée aux saloperies des hommes, encore vierge et les fuyant comme la peste,je n'identifiais pas de danger pour mon pucelage cette fois là.

Il a commencé à me masser le pied sain, tout en saisissant de l’autre main le pied malade...J’ai sursauté, je suis normalement chatouilleuse à cet endroit...Un picotement est monté, puis un long frisson, et puis après, très vite, j’ai largué les amarres, gentil capitaine perdu en haute mer, voguant parmi les sirènes, je suis partie je ne sais ou, et je me suis mise à gémir, avec un pied devenu sexe, des orteils devenus multiples clitoris, et mon autre pied frottant une bosse dure ,jusqu’à la tension, jusqu’au souffle coupé, jusqu’à l’oubli de soi, jusqu’à l’orgasme...Pour les deux…

Je suis partie trempée et hagarde, sans dire au revoir, sans me retourner, et sans acheter les chaussures...Il était vieux , laid et désagréable cet amateur de pieds d’étudiante.Et j’avais un peu honte malgré ma merveilleuse découverte...Malgré mon envie de recommencer désormais régulièrement assouvie!

Et j’ai su ce jour là que si mon amour des chaussures valait bien celui de la lingerie, c’était aussi parce que je jouissais par là!
Par gwennlorel
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Mercredi 26 août 2009
J'avais envie de vous conter une anecdote qui m'est arrivée il y a quelques temps...

Je tenais les vestiaires d'une soirée féticho-libertine de notre capitale. J'aime cela, travailler au vestiaire ou au bar, je ne m'y ennuie jamais. Et le vestiaire permet d'observer ceux qui rentrent hardiment, déjà vêtus, le pas conquérant, qui se saluent comme font ceux qui se sentent chez eux (observer les rimes internes :)), ceux qui se changent presque honteusement, très gênés, devant moi - la configuration des lieux me donnant une vue plongeante sur l'endroit où l'on peut procéder à sa transformation, ceux qui s'ennuient, ceux qui ont envie de causer (très nombreux, ceux-là).

C'est ainsi que j'ai rencontré A. A est rentré avec une chemise saumon et un pantalon anthracite de bureau, avec un sac à dos de sport beige est passé droit devant moi. Il avait l'air affolé, comme un lapin pris dans les phares d'une voiture. Il a foncé vers l'escalier de la salle du bas qui fait office de piste de danse et de donjon... Ma collègue physio et caissière est venue me demander si j'avais vu passer un type qui avait l'air égaré, et pas vraiment sapé comme il fallait (dresscode oblige...)... Je lui ai indiqué la direction qu'avait pris le coupable, qu'elle a très vite ramené avec l'expression d'une maîtresse d'école amusée qui garde son sérieux pour marquer le coup, et lui l'air d'un écolier pris en faute... Elle me l'a confiée, et lui a dit "le vestiaire, c'est là! La dame, elle va te surveiller, pour que tu te changes comme il faut!"
Je l'ai regardé... "Bonsoir madame" a-t-il balbutié... Il était timide, il était maladroit, c'était sa première soirée, il était tellement émotionné et si... myope qu'il avait raté le vestiaire... La petite quarantaine, bien entretenu physiquement (j'ai pu constater cela pendant qu'il se changeait), blond. Il a fini en catsuit de vinyle... et il était tout rouge de voir que mon visage à moi marquait la plus franche hilarité en le regardant faire ses petits préparatifs...

Ce garçon m'amusait franchement, et physiquement n'était pas désagréable... Il m'a offert ce soir là un nombre incalculable de boissons, de cigarettes, une rose fraîche (je me demande encore où il a pu trouver cette fleur?), une bougie, un briquet... Nous avons fini par discuter sur les raisons de sa venue en soirée: il m'a expliqué que, marié depuis 23 ans, il s'était échappé ce soir là pour assouvir sa curiosité, et pour "se retrouver enfin dans l'univers qui le hantait." (je le cite)

Il était malheureux, mais déterminé. Il m'a émue ce soir là. Il voulait juste parler, enfin parler, se vider de son secret si longtemps contenu...

J'ai donc rencontré ce jeune quarantenaire prisonnier de sa vie et de sa peur de vivre ce soir là, moi derrière mon vestiaire, lui planté devant moi comme un signal de détresse. Il me posait tant de questions, il semblait si avide de savoir , d'intégrer ce monde qui le fascinait tant que sans arrières pensées, j'ai fini par lui donner mon numéro de téléphone, pour que nous puissions en parler sans être dérangés.

Il m'a rappelé quelques jours après, et autour d'une bonne table il m'a tout expliqué, avec ses bons yeux doux et son air si gentil: ses pulsions masochistes, ses problèmes sexuels avec sa femme,car il ne désirait plus de la même manière qu'elle, le rejet qu'elle avait de lui à cause de cela, ses complexes face à sa sexualité alternative, sa peur d'être fou...J'avais beaucoup de compassion à entendre cela, mais à ma compassion se mêlait une grande envie de l'initier, puis un grand désir de le dominer quand il m'a expliqué ses fantasmes...

La relation amicale a commencé à se teindre d'une tension sensuelle. J'ai commencé à devenir froide, le son de ma voix plus métallique, mes yeux plus durs, mon attitude plus figée. Il l'a senti...Il s'est tu. Il a recommencé à me vouvoyer_nous étions vite passés au tutoiement, car nous parlions de choses intimes_ et inconsciemment à éviter de me dévisager.

Je suis partie en lui disant de se libérer le vendredi soir de la semaine prochaine.

Je l'ai mailé la veille en lui donnant des indications précises sur ce que j'attendais de lui: sa vêture, sa posture, son "code de sécurité" (mot d'arrêt d'urgence). Il m'a répondu en me disant qu'il me remerciait de ce rendez vous, qu'il l'attendait avec impatience, mais que surtout il avait parlé à sa femme de moi et de ses pulsions, et de tout son mal être. J'ai apprécié sa franchise et son courage. Je lui avais donné ce conseil tout en sachant que c'était quelque chose de difficile à dire.
J'attendais donc moi aussi ce rendez vous, très anxieuse de lui faire vivre quelque chose d'unique_ un peu comme sa première fois, finalement_ et repassant dans ma tête toutes les choses que j'aimais et que je savais faire, espérant surtout ne pas le dégouter et l'effrayer....

Il était parfaitement silencieux, la tête baissée, et enfin chez moi.

La consigne était de se laisser faire, et de ne rien dire, vu que c'était sa première fois...Je tremblais d'émotion, le temps passait, quelques secondes, avant que je ne lance:

"Déshabille toi!"

Lui si gauche et si timide à nos deux premières entrevues se mit à ôter ses vêtements souplement_j'avais dit vêtements larges pour ne pas marquer la peau, car c'était moi qui allait le faire_et dans son obéissance silencieuse devenait terriblement séduisant...

Sur le sol j'avais posé un miroir et sur cette glace une bougie veilleuse... je le fis accroupir, par gestes, et lui donnait un rasoir et de la mousse....il a d'abord refusé en secouant la tête, et j'ai fait claqué ma cravache à quelque centimètres de son visage...je ne frappe pas souvent. Les rares coups que je donne sont enrobés de caresses...(nous y reviendrons....) Il ne pouvait ni s'assoir, ni reculer, ayant la chauffeuse sous les fesses, et du se raser le torse puis les parties intimes.

Une fois vraiment glabre, je l'expédiais prendre une douche glacée. Il poussa un cri, saisi par le froid...et je lui fis signe de sortir, et pour prix de son cri je lui cinglais l'arrière train...

Retour sur le tapis de mon salon...il s'allonge,je l'attache les quatre membres aux pieds des meubles, il est beau et harmonieux...je regarde notre reflet dans le miroir, je suis blanche et noire, et droite et corsetée...joli contraste avec son corps nu qui rosit de froid et d'émotion...je le force à regarder, comme au début, dans les miroirs...

je l'enduis de cire, en commençant par la poitrine fraichement rasée et un peu irritée par les pinces que je lui avais posé juste avant la douche...j'y ai mis des heures,le roulant littéralement sous le feu des bougies, le transformant en sculpture de cire géante, appréciant les coulées, appréciant aussi de voir son désir qui craquait les couches blanches superposées de bougies...j'ai laissé couler le liquide chaud et blanc sur son sexe, je regardais son désir que je réprimais d'une claque gantée de velours...j'alternais avec des glaçons que je laissais fondre dans son nombril,dans son anus, dans sa bouche désormais muette...

Il haletait, il ressemblait à une statue de marbre, il avait une érection qui me tétanisait...j'étais trempée de voir mon pouvoir agir, j'étais émerveillée du désir que je suscitais...

Il a rompu le silence...Il m'a dit: "s'il vous plait...maintenant..."

on s'est compris tacitement...je l'ai détaché, lui ai mis ma cravache dans la bouche pour qu'il me la tienne...il s'est mis à quatre pattes, tout recouvert de bougies et de glace fondue...j'ai pris une très élégante boule vibrante,pu sentir sa chaleur interne ainsi que le froid plus lointain du gros glaçon que j'avais placé, je l'ai caressé, en tournant autour de lui, de mes gants de velours et de ma cravache de cuir....je lui ai fait compter les coups, très espacés de mille caresses,avec des fréquences très aléatoires, beaucoup plus cinglants ainsi...

Il m'a regardée, il voulait jouir, moi je perdais contenance...mes jambes hautes chaussées tremblaient d'émotion... je me suis assise devant lui, il me regardait toujours,les yeux à hauteur de mon entrecuisse, j'ai ôté mon string d'un coup, je l'ai glissé dans sa bouche, j'ai attrapé ses cheveux, collé sa tête sur mes genoux,le nez contre mon sexe à travers ma robe de satin et de dentelle,et je l'ai laissé se masturber, tout en regardant toujours dans le grand miroir, Pieta perverse et fantasmatique, homme nu,rouge et marqué et femme blanche, impeccable et correctement vêtue que seul son souffle trahit...

Il a joui longuement, presque douloureusement sur mes bottes. Il n'a pas voulu lêcher, mais je m'en moquais. Il a essuyé de sa chemise...

Et je l'ai très chastement embrassé sur le front.
Un geste gentil et tendre, parce c'est ce que j'éprouvais.

Je lui ai offert du vin, nous avons passé le reste de la nuit à discuter. Il est parti le matin, je me suis endormie...

Deux semaines après, je trouvais un mail dans ma boite de réception..."Ma femme a vu mes bleus, elle a aimé, elle veut faire cela avec moi,on en a parlé très longtemps ces derniers jours, je n'ai plus peur d'être soumis. Je suis libre, je ne suis pas fou...merci"

L'épilogue de cette histoire est plutôt décevant. Cela s'est arrêté entre nous à cette unique fois car j'aurais bien continué, mais par la suite, par échange de mail, j'ai appris que sa femme se montrait maladivement jalouse, et m'avait même accusée de l'appeler , elle, sur son portable...j'ai été très vexée, moi qui avait encouragé A. de la prévenir de mon existence et de lui parler de ses pratiques...moi qui pensait qu'une femme est la meilleure des amies pour un homme!

Le dernier message que j'ai reçu de A. était un mail de regrets, il aurait voulu continuer en cachette _ mais j'étais échaudée par sa femme et je n'aime pas l'adultère _ ainsi que de remerciements, car j'ai contribué à sauver son couple, bien malgré moi, en déclenchant l'ire,le désir et la jalousie de sa femme...

Je lui souhaite beaucoup de bonheur, sincèrement, et je me souviendrais longtemps de ses yeux enfiévrés de douleur et de désir,qui me regardaient dans un miroir, et de sa joue douce posée contre ma cuisse...
Par gwennlorel - Publié dans : encredelune
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Mercredi 21 novembre 2007
1 an que je ne suis pas revenue écrire ici.
je n'en ai pas perdu l'envie,mais je n'ai eu tout simplement aucun moment personnel depuis 1 an.

Me voici de retour.

A mes textes et poèmes je songe désormais à placer mes coups de gueule et mes coups de blues.

à très vite.
Par gwennlorel - Publié dans : encredelune
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