Mercredi 23 novembre 2011
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Je suis ce vaisseau blanc et stellaire
Qui veille, de son oeil blanc de colère,
Le cadavre supplicié de la Terre.
Un matin, les cavaliers sont venus apporter
Ce que vous aviez tant craint,
Et si souvent tenté de conjurer.
Mais vos prières n'ont servi à rien.
Dans le ciel immense, j'ai assisté, impuissante
A la maladie de ma voisine, à son agonie, lente,
Puis à son chaos, à sa destruction si fulgurante.
Vous êtes morts en montrant du doigt Saint Jean!
Accusez le donc de vos calamités!
Car il n'y avait pas de cavaliers,
Ni de chevaux. Juste vous.
La seule graine d'apocalypse était en vos flancs.
Je suis cet astre mort et jumeau
Qui contemple le dernier repos,
D'un corps céleste jadis si beau.
Un soir, les anges aux quatre vents
Ont balayé ce qui pouvait rester,
Eliminé ultimes espoirs, derniers chants,
Sur ce sol irrémédiablement calciné.
Sous la voute céleste, désespérée,
J'ai figé ma course d'éternité
Pour voir ma soeur bleue s'embraser.
Mourrez donc en craignant Saint Jean et ses imprécations!
Vous allumâtes tous seuls les feux
De votre annihilation. La nature a créé,
Vous aviez détruit.Il n'y a pas d'exterminateurs.
Vous portiez en vous la destruction.
Je suis ce satellite fidèle,
Qui de son regret éternel,
Tourne dans le néant du ciel.
Désormais
Et pour jamais
Eperdument silencieux
Il n'y a pas. Il n'y a plus.
De Dieu.
Juste la folie des hommes.