Ode à ma page blanche
Je n’ai écrit depuis des semaines
Mais j’ai recollé des bouts de mon cœur
Et je me suis donnée de la peine
Pour lui remettre de la couleur
Mon voilier était resté au port
Pas de vagues rimées pour l’agiter
Et les oiseaux de mer faisaient les morts
Plus de plume ni de vent pour voler
Le calme très plat dans mon paysage
Morne, sans rêverie, sans passion
Me fait peur, me navre, et j'envisage,
J’espère ! Le tonnerre ou les grêlons
Ma page blanche est un désert aride
Sans imagination ni nuages
J’ai le ventre noué et l’esprit vide
Je veux prier l’arrivée de l’orage
J’attends l’averse comme délivrance
Les mots vont survenir de mon néant
Ils viennent enfin comme une évidence
Comme la grêle la pluie tombant.
Cueillant des lettres des vers sous l’ondée
Crinière lâchée je crie j’écris
Les mains pleines et le cœur abreuvé
Mon encre donne vie et poésie.