Poèmes libres le dimanche 7 octobre au Procope
En hommage à tous les poètes ( la liste est longue) emprisonnés ou morts emprisonnés.
Quand se dressent autour de soi de hauts murs
Quand lentement se perd la raison
Dès lors la voix est à peine un murmure
Et le ciel flétri n’a plus d’horizon
Quand il n’y a plus que le froid et la peur
Surnagent lumineux bien celés des mots
Malgré la crasse et toutes les horreurs
Les poésies luttent avec les sanglots
Ni le cachot la torture et la mort
Ne font taire leur imagination
La nuit leurs paroles font le réconfort
De tous les pauvres hères en prison
Quand il n’y a plus encre ni papier
Ils écrivent sur la neige avec du sang
Si leurs mains affaiblies sont attachées
Purs, désespérés, jaillissent leurs chants
Ces hommes qui savent en se voyant mourir
Que pour jamais ils n’auront plus de temps
Ni pour l’amour ni même pour le rire
Rendent leur souffle, conduit par le vent
Ce vent passe au dessus de tous les murs
Toutes les frontières les barbelés
Ce vent gonfle devient un murmure
Un hurlement dans le monde entier
On enferme et on tue les poètes
Un poème n’est pas prisonnier
Il voyage dans les cœurs les têtes
Il est l’autre nom de la liberté.