Néant. J’ai  désiré le néant.

J’ai voulu-Non être-

Ne plus voir entendre ou respirer

J’ai voulu-Disparaitre-

Ne plus penser et suspendre le temps

Et m’allonger sur le sol, souffle coupé.

 

Je me suis repue de mon malheur et de ma déliquescence

Je suis descendue au plus bas dans l’humiliation

Chuter, choir, déchoir, perdre mon essence

Appeler en moi la folie et euthanasier toutes mes  passions

 

J’ai voulu- N’être rien.

Ne croire rien.

M’annihiler et autant que je me détestais vous détester

Car je me rappelais encore que je vous avais aimés.

 

J’ai réussi à me salir, à souiller mon âme par l’évocation,

A me martyriser par les souvenirs

De mes travers et de mes  plus horribles pulsions

J’ai voulu- Me casser, m’abimer-à en mourir

 

Néant. J’ai attendu ce moment

Comme autrefois j’attendais mon amant.

 

J’ai donc baissé  les bras, je me suis couchée

Sur le lit du renoncement  et des regrets.

Et j’ai tenté de cesser de respirer

J’ai veillé, j’ai attendu, aux aguets.

 

Mais…Désir, et  attente, et pulsion, et vouloir

Ce sont des mots d’amour et d’espoir !

 

Et quel curieux ressort a fait qu’en voulant me noyer

Mon instinct m’a fait sortir la tête de l’eau

Et qu’en tentant de cesser de boire et de manger

J’aspirais encore à la fraicheur d’un ruisseau ?

 

Pourquoi mon cœur cette horloge faiblarde et ténue

A décidé de continuer à battre, arythmique et têtu ?

 

Pourquoi les yeux de mon chien, les fleurs de mon jardin

Et cette main neuve que j’ai prise pour un mirage,

M’ont donné si envie de voir un nouveau matin

De sourire encore au soleil, aux nuages ?

 

Pourquoi mon sexe continue t’il  de danser aux tambours primitifs

De la vie qui coule ardente en moi violente, vibrante, amère,

Colorée et  bruyante  avec ses étranges motifs,

Aussi profonde, imprévisible et agitée que la mer ?

 

Obstinée, je sais que je chuterais encore à terre

Que mes genoux et mon front heurteront le sol

Mais qu’avec mon émerveillement et ma colère,

J’éprouverais de l’espoir et de l’envol.

 

Je referais des erreurs encore et toujours

Car j’aime la vie autant que ses aléas,

Et  je vénère désormais cet étrange amour

Qui me doit de hurler de chagrin et  de pleurer de joie.

 

 

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