Lentement, nos corps devenus vagues, écumes,

Recouvrirent l'écueil mat et sombre de nos nudités,

Et en nos chairs meurtries nous pûmes

Nous ressourcer à cette nouvelle marée.

 

La nuit, la nuit-voyage

Redessine nos visages.

 

Corps à coeur mêlés, nous sommes partis,

Océans et bateaux à la fois,

Vers des contrées inconnues, de merveilleux pays,

Où les heures, les années, n'existent pas.

 

La nuit, la nuit-rivage

Sculpte notre voyage.

 

Les ombres sont des fantômes qui soupirent

Pâmés de bonheur et de sensations,

Nous écrivons et façonnons nos désirs,

Et nos lèvres en inventent des chansons.

 

La nuit, la nuit-visage

Agrandit nos rivages.

 

Epris de joie et pris de sommeil,

Nos mains se sont ouvertes et fermées

Comme la caresse sur nos coeurs en éveil

Telles des fleurs de mer et d'obscurité.

 

La nuit, la nuit-mirage

Prolonge notre voyage.

 

De nos ventres nous créons des soleils perdus

Qui naissent, et qui meurent,

Aux couleurs de notre absolu,

Où chaque spasme est une fleur.

 

 

 

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