Je suis ce vaisseau blanc et stellaire

Qui veille, de son oeil blanc de colère,

Le cadavre supplicié de la Terre.

 

Un matin, les cavaliers sont venus apporter

Ce que vous aviez tant craint,

Et si souvent tenté de conjurer.

Mais vos prières n'ont servi à rien.

 

Dans le ciel immense, j'ai assisté, impuissante

A la maladie de ma voisine, à son agonie, lente,

Puis à son chaos, à sa destruction si fulgurante.

 

Vous êtes morts en montrant du doigt Saint Jean!

Accusez le donc de vos calamités!

Car il n'y avait pas de cavaliers,

Ni de chevaux. Juste vous.

La seule graine d'apocalypse était en vos flancs.

 

Je suis cet astre mort et jumeau

Qui contemple le dernier repos,

D'un corps céleste jadis si beau.

 

Un soir, les anges aux quatre vents

Ont balayé ce qui pouvait rester,

Eliminé ultimes espoirs, derniers chants,

Sur ce sol irrémédiablement calciné.

 

Sous la voute céleste, désespérée,

J'ai figé ma course d'éternité

Pour voir ma soeur bleue s'embraser.

 

Mourrez donc en craignant Saint Jean et ses imprécations!

Vous allumâtes tous seuls les feux

De votre annihilation. La nature a créé,

Vous aviez détruit.Il n'y a pas d'exterminateurs.

Vous portiez en vous la destruction.

 

Je suis ce satellite fidèle,

Qui de son regret éternel,

Tourne dans le néant du ciel.

 

Désormais

Et pour jamais

Eperdument silencieux

 

Il n'y a pas. Il n'y a plus.

De Dieu.

 

Juste la folie des hommes.

 

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