J'ai pleuré le soleil enfui
Comme si on m'avait arraché du ventre un enfant
Car j'étais transie
Et toutes les couleurs palissaient soudainement

... J'ai désiré et hurlé après ses rayons
Car ils caressaient si bien ma peau et ma chair
Que je m'abandonnais, en pamoison
En offrande à lui, des heures entières.

Car le soleil était mon amant.Il m'aimait.
Il me nourrissait de sa sève dorée
Et m'engourdissait et m'engloutissait
Et m'envahissait et m'enlaçais jusqu'à m'étouffer

L'infidèle est parti...depuis que la terre est ronde...
Comme tous les ans,quelques mois, quelques saisons
Aller faire l'amour et l'été à l'autre bout du monde
A des terres lointaines, à d'autres horizons.

Je souris au soleil revenu
Célèbre l'amant brûlant et retrouvé
Et de nouveau m'abandonner, presque nue
A sa chaleur et à ma propre volupté.

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